RPsmartcities : pas d’innovation sans désobéissance !

RPsmartcities : pas d’innovation sans désobéissance !

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À la notion de « ville intelligente », notion trop techniciste, André SANTINI préfère celle de « ville collaborative » qui illustre une collectivité qui implique l’ensemble des acteurs publics et privés, dans la recherche de solutions urbaines plus efficaces dans la gestion, le développement durable et les services à l’habitant. C’est une notion qui s’oppose à celle d’une « ville assistée par ordinateur » qui serait gouvernée par des algorithmes.

Car, au-delà des techniques de gestion de l’espace et des services publics (parkings, eau, transport), la ville collaborative devra favoriser les interactions entre la commune, ses infrastructures et des citadins devenus eux-mêmes des émetteurs de flux d’informations grâce aux technologies mobiles et au développement exponentiel des smartphones, de l’open-data et de la géolocalisation.

Cette révolution digitale, encore plus puissante que les précédentes, est au carrefour de trois bouleversements majeurs du début du XXIème siècle :

  • La révolution urbaine (rappelons que le nombre de citadins aura doublé dans trois décennies !) ;
  • La révolution numérique qui ouvre des perspectives inédites dans tous les domaines : démocratie, transport, énergie, habitat, sécurité ;
  • Et le défi climatique qui impose aux villes une autre mutation.

Oui, la « Smart city » sera une ville soucieuse de son environnement, maîtresse de ses consommations en eau et en énergie, dotée de moyens de communication facilitant l’accès des citoyens à l’ensemble des services et capable d’éviter la congestion de ses infrastructures de transports.

CINE7449C’est une autre vision de la ville, plus astucieuse, plus fluide, plus participatives, plus collaborative qui est proposée aux citoyens de demain. Nous vivons à l’aube d’un nouveau modèle du capitalisme « 2.0 » qui s’appuie sur un système de création de valeurs décentralisées et d’économie du partage.

Les citoyens s’organisent en réseaux collaboratifs pour partager, échanger, voire concevoir, des produits et services personnalisés plus vite, mieux, et moins chers. Devenues hyper connectée, la Ville rend ses habitants plus ingénieux et les administrés revendiquent leur place de co-créateurs de la ville ! Cette théorie d’une nouvelle forme d’économie plus horizontale a été développée par Navi RADJOU, auteur du livre « L’innovation frugale – Comment faire mieux avec moins ». Le collaboratif est en train d’humaniser et de démocratiser le capitalisme !

Bien évidemment, pour bâtir une « Smart city », il convient de mettre en place un terreau favorable : le soutien à l’innovation numérique mis en œuvre depuis plus de 20 ans, de manière régulière et suivie à Issy-les-Moulineaux, a favorisé la diffusion du numérique à l’école, dans le domaine culturel ou économique, permettant d’aller plus loin pour améliorer notre efficacité.

Depuis septembre, Issy-les-Moulineaux est la première ville de plus de 50 000 habitants entièrement fibrée et, grâce à un plan numérique ambitieux, l’ensemble des écoles élémentaires de la Ville disposera d’ici la fin de l’année de Vidéoprojecteur Numérique Interactif (VNI).

Pour construire la ville collaborative d’aujourd’hui et de demain, il faut être visionnaire, créatif, avoir toujours un temps d’avance et oser. Il n’y a pas d’innovation sans désobéissance !

C’est le rôle des élus que d’accompagner les initiatives novatrices.  À l’heure où la voiture se réinvente, avec la perspective étourdissante des véhicules sans chauffeur, où les modes de déplacements alternatifs se multiplient et où les transports en commun se modernisent, le secteur public doit favoriser plus encore le développement de l’innovation et des modèles économiques pérennes, en coopération avec les acteurs privés.

La smart mobilité et les expérimentations à Issy-les-Moulineaux

Le projet urbain d’Issy-les-Moulineaux est cohérent, afin de moderniser les quartiers, renforcer leurs liaisons et harmoniser l’accès aux services. L’accessibilité et le maillage des transports sur le territoire sont très importants. Outre le tramway, le bus, le métro et le RER, deux gares du réseau Grand Paris Express sont en construction, faisant d’Issy la ville la plus accessible d’Île-de-France !

Le territoire est également un formidable terrain d’expérimentation pour les innovations numériques de la ville intelligente, qui améliorent le quotidien des habitants en facilitant l’accès à l’information en temps réel sur l’état du trafic routier, les retards de train ou de métro ou le calcul du meilleur itinéraire multimodal.

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André SANTINI : « La simplicité et l’écoute sont les fondements des nouveaux outils. Il n’est pas utile d’avoir des investissements lourds. Il faut être ingénieux ».

Il faut prendre réellement conscience que la smart mobilité est au cœur de l’attractivité des métropoles et que les élus ont un rôle central à jouer ! Une enquête menée par Ipsos pour Transdev en décembre 2014 révèle que 94% des élus des collectivités urbaines considèrent essentiel de repenser les enjeux de mobilité et d’optimiser les moyens de transports.

Dans cette optique, Issy-les-Moulineaux a mis en place une palette complète de solutions pour réduire le temps passé dans les bouchons (rappelons que les Parisiens passent 55h / an dans les embouteillages…) et trouver rapidement une place de parking.

  • L’application ZENBUS, grâce au soutien de la Région et de la RATP, permet aux passagers de voir en temps réel sur leur smartphone où se trouve leur bus.
  • L’application BE PARK recense les places de parking libres dans des immeubles privés.

Toutes les places disponibles dans les parkings d’hôtels ou d’entreprises peuvent être utilisées par des particuliers grâce à la géolocalisation. Concrètement, l’application vous indique la place la plus proche et vous payez ensuite par smartphone.

BE PARK permet d’augmenter le nombre de place de stationnement sans investir dans de coûteux parkings d’ouvrage.

Cette innovation de « parking partagé » s’inscrit dans le développement de l’économie collaborative et de « l’innovation frugale », en multipliant le nombre de places de stationnement tout en rationalisant le fonctionnement de ces parkings.

  • L’application PARKEON, complémentaire de BE PARK, permet aux automobilistes de recherche une place disponible en voirie. Certaines études évaluent à 30 % le nombre de véhicules qui circulent en ville pour simplement rechercher une place de stationnement !
  • L’application ROULE MA POOL teste le « co-motorage » urbain: elle vous localise et vous dit si des conducteurs de deux-roues sont disponibles autour de vous, inscrits eux aussi sur le site. Ils vous prêtent un casque et vous demandent quelques euros pour monter derrière eux et partager les frais. L’application compte déjà plus de 2 000 utilisateurs.

L’ouverture des données (open-data) est une condition sine qua non à l’émergence de nouveaux services & il faut convaincre les acteurs publics comme privés de nouer des partenariats innovants pour faire émerger ces services. La mobilité est en enjeu COLLECTIF et il est fondamental d’impliquer les citoyens. C’est l’objectif du nouveau projet lancé la semaine dernière à Issy-les-Moulineaux : So Mobility.

Il s’agit d’un consortium pensé entre acteurs du privés (des grands groupes comme Colas, leader dans l’entretien d’infrastructures de transports, la Caisse des Dépôts, Cisco, Transdev, Bouygues Immobilier, promoteur d’éco-quartiers, etc.) et collectivités locales afin d’innover pour mieux penser la ville de demain. So Mobility inclut également des start-up comme Zenbus, Citygo ou Pay By Phone ayant développé des solutions innovantes.

En ville, les citoyens cherchent à se déplacer plus vite et plus intelligemment. Aujourd’hui, les smartphones, la généralisation de l’open-data, la géolocalisation et le partage de données en temps réel offrent des opportunités inédites et de nouveaux services pour améliorer la vie quotidienne. La Smart city peut réellement changer les choses, améliorer la mobilité urbaine et ainsi réduire les émissions de CO2.  

Avec So Mobility, une nouvelle étape est lancée pour influencer le développement de nouveaux usages et les comportements chez les habitants. Parmi les solutions envisagées figurent également le pilotage des feux de signalisation en fonction du trafic.

Ensuite, l’objectif est de mettre en place une application multimodale en temps réel qui permettra de choisir le meilleur moyen de transport en fonction du trafic mais aussi…

  • D’orienter les automobilistes vers des places de stationnement libres géolocalisées
  • De payer son stationnement à distance
  • D’accéder à des parkings privés
  • De trouver facilement une solution de déplacements : co-voiturage, co-motorage, véhicules électriques, véhicules autonomes, autopartage, etc.
  • De faciliter l’usage des transports en commun (avec Zenbus)
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2e table-ronde, de gauche à droite : David ASCHER, Dominique RIBAN, Francis PISANI, Frédéric LEFEBVRE, André SANTINI, Gwenegan BUI, Olivier CARRÉ et Michel PIRON.

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Michel PIRON, député UDI : « On ne fait pas la ville de demain sans prendre en considération la dimension temporelle ».

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